6 revendications pour protéger nos emplois

Mondelez, la fermeture de trop; il faut agir pour faire cesser notre appauvrissement collectif

Les fermetures sauvages, la délocalisation et la sous-traitance renvoient au manque de volonté politique de nos gouvernements qui refusent de protéger les citoyens et de promouvoir une économie nationale plus juste et équitable. La récente annonce de la fermeture de Mondelez nous laisse dire que nous nous devons de proposer des solutions à nos gouvernements pour reprendre le contrôle de notre destinée économique et sociale.

Certains éléments inscrits dans les différentes ententes de libres-échanges et l’absence de mesures législatives qui protègent nos emplois viennent affecter considérablement les conditions de travail et la stabilité d’emplois des travailleuses et travailleurs au pays. Chaque jour nous avons des exemples de ce déséquilibre dans la gestion de notre économie. Lors de leur dernier congrès, la FTQ et ses affiliés ont choisi de s’attaquer aux inégalités en augmentant leur niveau d’Action politique. C’est dans cette logique que l’AIMTA propose ici 6 revendications pour combattre la délocalisation et la sous-traitance abusive dans le but d’amener les deux paliers de gouvernement à mettre en place des mesures concrètes pour protéger les emplois et pour défendre le secteur manufacturier.

Pour rétablir l’équilibre

6 revendications qui s’adresseront aux deux paliers de gouvernement pour tenter de rétablir l’équilibre et d’humaniser un peu plus l’évolution économique du Québec et du Canada.

1. Nous exigeons de nos gouvernements l’obtention de garanties d’emplois lorsque ce dernier donne des avantages fiscaux, des prêts ou des subventions à une entreprise multinationale.

2. Nous revendiquons que des lois soient mises en place pour que les entreprises assument les responsabilités sociales et économiques lors de démarches de fermetures sauvages, de délocalisation ou de sous-traitance abusive.

3. Nous réclamons la mise en place de mesures obligeant un employeur à divulguer toute  l’information pertinente aux travailleuses aux travailleurs et à leur représentant ou à leur accorder du temps de négociation advenant le cas où une démarche de fermeture, de délocalisation ou de sous-traitance de la production d’activités est envisagée.

4. Nous souhaitons que des institutions comme l’Institut de la statistique du Québec et statistique Canada ait le mandat de compiler des données claires et complètes sur les phénomènes de délocalisation et de sous-traitance et de leurs impacts sur les travailleuses et les travailleurs et l’économie nationale.

5. Nous estimons que les contrats publics devraient servir à la promotion d’emplois de qualité. Les employeurs qui ne respectent pas leurs engagements qui délocalisent ou qui sous-traitent afin d’échapper aux normes du travail devraient être exclus des contrats publics.

6. Nous demandons que nos gouvernements militent activement sur la scène internationale pour le respect des droits sociaux fondamentaux, des droits de l’homme en matière sociale et qu’il dénonce, voire sanctionne les entreprises transnationales qui délocalisent leurs activités vers des endroits où ces droits ne sont pas respectés.

Déclaration de David Chartrand vice-président de la FTQ et Coordonateur québécois de l’AIMTA:

« C’est sournois comme problématique, car lorsque l’on regarde le phénomène du point de vue de l’entreprise, l’on réalise qu’exiger de la flexibilité chez les travailleurs, faire de la sous-traitance, de la délocalisation ou des fermetures sauvages, rend une entreprise plus productive, plus compétitive, fait augmenter ses rendements et fait croitre l’économie dans son ensemble.

Sauf que la plupart du temps, nos gouvernements ne regardent pas l’autre côté de la médaille lorsqu’ils mettent en place les conditions qui facilitent ce genre d’opération. Ils ne regardent pas les impacts de leur politique économique sur les travailleurs, sur les gens qui gagnent durement leur vie une paye à la fois, ceux qui sont dans l’économie réelle et qui crée physiquement de la richesse et la consomme jour après jour. Ces derniers voient leur sécurité d’emplois éliminés, leurs conditions de travail se précariser; leurs fonds de pension se volatiliser, leur projet d’avenir diminué. Ces travailleurs perdent des droits et des libertés au nom d’une croissance économique qui leur profitent de moins en moins.

Je ne suis pas contre l’idée de faciliter le commerce, mais il est ridicule de voir des gouvernements mettre en application des accords de libre-échange qui diminue l’autonomie de leur citoyen; qui compromet leur santé; leur accès à une éducation de qualité; leur droit de profiter d’un environnement sain et de gagner leur vie dignement.

Au nom de la libéralisation des marchés, une poignée de politiciens et de gens issus du 1%, nous sommes en train de dire à la vaste majorité de la population; désolé, mais au nom de la croissance économique nous avons le regret de vous dire que vous allez devoir renoncer à un brillant avenir.  Les entreprises multinationales n’ont aucune responsabilité sociale à l’égard du pays qui les héberge. La capacité des états à créer un environnement propice au bonheur à la liberté et la sécurité de chaque citoyen est compromise par la recette économique qui mise tout sur la croissance des entreprises et l’hyper compétitivité entre les travailleurs de partout dans le monde.

Ce nouveau libéralisme économique qui gangrène lentement l’économie mondiale depuis les années 80 est en voie d’anéantir nos ambitions démocratiques, nos solidarités et notre humanité. Lentement, notre instinct de survie nous demandera d’avoir un portefeuille à la place du cœur ainsi qu’une calculatrice en guise de cerveau. Il nous faut trouver un équilibre et mettre une limite à la domination croissante du milieu des affaires sur la vie des citoyens. Il faut responsabiliser socialement les entreprises. Il faut que les travailleurs, les travailleuses et le gouvernement du Québec se réapproprient leur destinée économique. Après le départ d’Humpty Dumpty, celle d’Électrolux, de Mabe Canada, la fermeture annoncée de l’usine de Mondelez à Montréal est un exemple supplémentaire qu’il faut changer notre façon de faire. Je dirais même que c’est l’exemple de trop. Il faut cesser de donner des chèques en blanc au milieu des affaires. Les multinationales se servent de l’argent des contribuables pour se développer par le biais de subventions, ils demandent des tarifs préférentiels d’électricité, ils se font construire des infrastructures sur mesures, ils utilisent nos écoles pour leur recherche et développement, ils ont accès à une main-d’œuvre qualifiée, etc., et après s’être vu attribuer les avantages qui leur ont permis de prendre de l’expansion, ils nous font du chantage pour avoir plus ou ils nous laissent tomber sans n’avoir de compte à rendre à personne.

Présentement, le Québec affiche son plus bas taux de chômage en 40 ans avec un taux à 6,2%. Un taux de chômage qui vient en fait fausser la réalité. En plus d’une baisse de la population active, permettez-moi de douter de la qualité des nouveaux emplois créés, car pendant que le chômage baisse l’aide alimentaire a connu une augmentation de 5,4%. Ça représente 100 000 nouvelles demandes de dépannage par mois; 11% des gens qui demandent de l’aide alimentaire ont un travail. De plus en plus de travailleurs vivent sous le seuil de la pauvreté au Québec. C’est inacceptable. Il faut se donner les moyens d’améliorer la qualité et la quantité des emplois et de les protéger. Un salaire minimum à 15$ et des mesures pour encadrer le recours à la sous-traitance et à la délocalisation seraient d’excellents points de départ pour aider les travailleurs québécois   »