ADM met à la porte 93 de ses employés à l’aéroport Montréal-Trudeau. Un recours à la sous-traitance irrespectueux, abusif et injustifié.

Montréal, 27 février 2019– En signe d’appui et afin de dénoncer l’injustice que représente ce type de sous-traitance abusive, des membres du Syndicat des Machinistes ont rejoint les 93 employés d’ADM lorsqu’ils ont appris la perte de leurs emplois. « Il fallait qu’on aille leur montrer que nous sommes avec eux et que nous trouvons cette décision irrespectueuse. La sous-traitance devrait être mieux encadrée par nos codes du travail, surtout au fédéral. Le gouvernement Trudeau doit agir pour mieux protéger les travailleurs et les travailleuses», explique le coordonnateur québécois du Syndicat des Machinistes, David Chartrand.

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Des membres du Syndicat des Machinistes se sont rendu sur place dénoncer les mises à pied.

C’est dans un Hôtel de Montréal que les travailleurs ont appris la nouvelle. Aéroports de Montréal (ADM) justifie sa décision en prétextant vouloir réduire ses coûts de main-d’œuvre. La Corporation fera appel à des sous-traitants pour remplacer les travailleurs qu’elle a mis à pied. Représentés par l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), ils touchaient entre 17 $ et 27 $ l’heure et la majorité d’entre eux avaient 5, 10 ou 15 ans d’expérience. Ils travaillaient à l’accueil, au service à la clientèle et à la sécurité de l’aéroport. Sans emplois à partir de demain, les travailleurs affectés continueront de toucher leur salaire durant 16 semaines comme le prévoit leur convention collective.

« C’est d’une injustice incroyable dont a fait preuve ADM dans ce dossier, dénonce David Chartrand. Il n’y a rien qui justifie ce genre de décision. C’est inhumain de traiter des travailleurs de la sorte. Du 39 juin au 30 septembre 2018, ADM a annoncée un surplus de 40,2 millions. En 2017, ses revenus ont atteint 579,7 millions. L’aéroport bat son record de passagers, année après année. En 2018, plus de 19 millions de passagers sont passés par l’aéroport Montréal-Trudeau et tout indique que ça va aussi augmenter en 2019. Alors me semble que la Corporation avait les moyens de trouver un compromis. »

Les 93 membres de l’AFPC avaient proposé des concessions de près d’un demi-million de dollars pour tenter de conserver leurs emplois. ADM est demeurée inflexible quant à son intention de diminuer ses coûts de 1,1 million de dollars et de recourir à la sous-traitance pour y arriver.

Corporation privée sans but lucratif et sans capital-actions, ADM est administrée par un conseil de 11 membres. Ils sont nommés par Transports Canada (propriétaire de l’aéroport), le Gouvernement du Québec, la Communauté métropolitaine de Montréal, la Chambre de commerce métropolitain et les principaux transporteurs. « Le mandat d’ADM est notamment d’entretenir et de développer les infrastructures de l’aéroport, d’offrir et de gérer un service de transport aérien de qualité dans la région de Montréal et non de battre des records de surplus », fait remarquer le coordonnateur Québécois.

Considérées comme un défi important pour le milieu syndical, la sous-traitance  contribue à la précarité d’emploi et fragilise les conditions de travail de milliers de travailleuses et travailleurs tant au Québec qu’ailleurs au Canada.