Le prochain gouvernement doit agir pour la survie de notre industrie aérospatiale

(Montréal, 21 août 2018) – À l’aube des élections 2018, le Syndicat des Machinistes désire envoyer un message clair aux partis politiques. Durant la prochaine campagne, il faudra parler de l’avenir de notre industrie aérospatiale. Le milieu de l’aviation vit présentement son troisième âge d’or depuis l’ère du jet et nous sommes en excellente position pour que l’ensemble de la société québécoise puisse en profiter. C’est pourquoi nous adressons une série de recommandations aux partis politiques québécois. Nous invitons d’ailleurs tous les membres de la Sections Locale 712 à télécharger le documents détaillants nos recommandations en cliquant sur le lien suivant https://we.tl/t-qYLwOQlRp9

« Il est temps que les partis politiques arrêtent de se faire du capital politique en attaquant l’industrie aérospatiale et qu’ils proposent ce qu’ils comptent faire pour régler les problèmes s’ils sont portés au pouvoir. Notre industrie aérospatiale est en lien avec notre santé économique, la qualité de notre réseau d’éducation, nos conditions de travail, notre capacité d’innovation, notre génie créatif, etc. Elle touche tellement de choses qui sont sous la responsabilité d’un gouvernement qu’il serait irresponsable qu’un parti politique n’ait pas de stratégie à nous présentée pour ce secteur s’il aspire à gouverner le Québec », soutient le coordonnateur québécois du Syndicat des Machinistes, David Chartrand.

Forte d’un siècle d’évolution, l’écosystème aérospatial québécois est reconnu à travers le monde pour la qualité de ses travailleurs, de ses écoles, de ses centres de recherches et de son réseau d’entreprises. De la formation professionnelle aux études supérieures, nous avons les institutions en place pour former la relève et demeurer un leader mondial dans le domaine si nous avons la volonté politique de le faire.

Depuis des décennies, l’aérospatiale est un de nos plus importants piliers économiques. Affichant des ventes de 14,4 milliards de dollars en 2016 cette industrie a occupé, le premier rang en matière d’exportation alors que 80% de sa production était vendu hors du pays. Cette industrie est le gagne-pain de plus 59 000 travailleurs québécois. Elle fait rayonner le Québec sur la scène internationale, fait entré de l’argent neuf dans l’économie et les coffres de l’État. Tout en procurant de bons emplois chez nous, l’ensemble des activités reliées à l’aérospatiale sert à financer nos programmes sociaux, nos services publics et notre réseau d’infrastructures.

En tant que travailleurs québécois, nous sommes ceux qui font le succès de cette industrie. Les compétences que nous avons développées à la sueur de notre front et notre fierté de travailler en aérospatiale n’appartiennent à aucune entreprise privée. De l’hydravion Le Vedette en 1923,  jusqu’à la C-Séries aujourd’hui, l’addition de l’intelligence et du labeur des Québécois a su faire voler des aéronefs exceptionnels. Notre capacité à repousser constamment les limites de cette industrie est le fruit de notre courage, de notre débrouillardise, de notre persévérance ainsi que de notre génie créatif.

Malgré cela, la viabilité de l’aérospatiale au Québec pourrait se retrouver compromise si le prochain gouvernement ne s’engage pas à la protéger, la développer et la valoriser au bénéfice de l’ensemble de la société.

Trop souvent orientés sur les agissements des grandes entreprises ou enfermés dans une logique partisane et les calculs politiques, les débats sur l’aérospatiale des dernières années nous ont fait perdre de vue le potentiel que renferme cette industrie pour le Québec. Au-delà de la critique, la classe politique doit faire preuve de plus de vision en mettant des propositions sur la table. Il faut parler d’une seule voix et travailler ensemble afin que le Québec demeure un leader mondial en aérospatiale et que ce statut profite à l’ensemble des Québécois.

Bien que durant son dernier mandat le gouvernement libéral ait développé une stratégie pour le secteur aérospatial refermant des mesures intéressantes, la gestion au cas par cas et au jour le jour représente encore une part trop importante de nos décisions. Cette pratique favorise la mise en place de solutions à court terme, dont les impacts sont sous-évalués.

Il est également important de mentionner que la portée de certaines recommandations dépasse le simple cadre de l’aérospatiale et vise à l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des travailleurs québécois. « Avec nos recommandations, nous espérons faire plus que d’assurer la survie de l’aérospatiale et défendre ceux qui y travaillaient. Nous voulons améliorer les conditions de vie de l’ensemble des travailleurs et travailleuses du Québec et rappeler aux partis politiques qu’il faut tenir compte des intérêts de l’ensemble de la société et non pas uniquement celui des grandes entreprises si nous voulons améliorer les conditions de vie de tous», rappelle le Vice-Président canadien du Syndicat des Machinistes, Stan Pickthall 

Il est nécessaire que nous agissions maintenant et intelligemment pour l’avenir économique du Québec. Valorisée et implantée au cœur d’une réelle politique industrielle, l’aérospatiale possède tous les atouts pour contribuer à la construction d’une économie moderne, basée sur notre savoir et une utilisation intelligente de nos ressources. De nos chercheurs dans les universités, jusqu’à nos travailleurs dans les usines, nous devons considérer et impliquer l’ensemble de nos forces vives pour façonner l’aérospatiale de demain. Il faut imaginer ensemble une stratégie capable de renforcer durablement notre économie nationale par la création d’emplois de qualité ainsi qu’une juste redistribution des richesses. Une politique qui stimulera le secteur de l’innovation et de la recherche et qui permettra aux Québécois d’affronter la 4e révolution industrielle la tête haute.

Le Syndicat des Machinistes estime qu’un parti politique qui aspire à mener les destinées de la province doit comprendre l’importance d’établir un dialogue avec l’ensemble de ses acteurs sociaux et de prendre des décisions basées sur l’intérêt de tous.

Le Syndicat des Machinistes est le plus important syndicat au monde en aérospatiale avec plus 184 000 membres répartis sur 1 000 conventions collectives.

Représentant depuis 1940 des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses en aérospatiale au Québec, nous retrouvons aujourd’hui des membres des Machinistes au sein d’entreprises majeures comme Bombardier, Airbus, Rolls Royce, Héroux-Devtek, Safran Landing (Messier Bugatti Dowty), L3-MAS, AJ-Walter, Air Canada, Air Transat et Siemens.