Remplacement des chasseurs canadiens CF-18. Des emplois ainsi que 30 ans d’expertise québécoise en réparation et maintenance d’avion de chasse sont en jeu.

Montréal, 3 septembre 2019 – Pour le Syndicat des Machinistes, le retrait d’Airbus de l’appel d’offres pour le remplacement des CF-18 canadien soulève plusieurs questions.

« Habituellement, pour protéger notre industrie aérospatiale et y favoriser la création d’emplois le Canada exige que les entreprises soumissionnaires investissent autant d’argent dans des produits et activités au Canada qu’ils en ont reçu en contrats militaires. En cédant aux pressions de l’administration Trump qui demandait des concessions sur la clause de contenu canadien pour que le F-35 demeure dans la course, il y a lieu de se demander si Ottawa a vraiment agi en fonction de l’intérêt des Canadiens », s’interroge le coordonnateur québécois du Syndicat des Machinistes David Chartrand.

Après le retrait de Dassault, Airbus devient la deuxième entreprise à se retirer de l’appel d’offres. Les deux constructeurs avaient déclaré publiquement que s’ils obtenaient le contrat de fabrication des 88 avions de chasse ils allaient investir dans notre industrie aérospatiale. Cela n’a visiblement pas convaincu le gouvernement canadien puisqu’ils ne font plus partie de la course.

« Alors que Dassault et Airbus se sont retirés, Boeing et Saab ont fait savoir que la nouvelle politique du Canada en matière d’exigences industrielles ne profiterait pas aux contribuables et à l’industrie canadienne de l’aérospatiale et de la défense, souligne David Chartrand.  Si le F-35 devait l’emporter, nous sommes donc en droit de nous demander ce qui va arriver aux quelque 600 travailleurs et travailleuses de L3-Harris à Mirabel qui se consacre actuellement à l’entretien des CF-18. Est-ce que l’entretien des prochains chasseurs va toujours avoir lieu au Québec? Qu’elles seront les retombées réelles?  À qui profiteront-elles ? En ce moment, nous n’avons rien sur quoi nous baser. Difficile de ne pas se montrer inquiet devant autant d’incertitude. Nous allons suivre le dossier de près et revendiquer que des activités de fabrication et de maintenance des prochains avions de chasse aient lieu au Québec. »

En comptant parmi les pays partenaires pour le développement du F-35, une entente fait en sorte que le Canada ne peut exiger des avantages économiques comme condition préalable à l’achat de l’appareil. De plus, le Canada a investi plus de 500 millions dans le programme des F-35 au cours des 20 dernières années, dont 54 millions en 2018.

« La logique veut que plus il y a d’entreprises lors d’un appel d’offres, plus il y ait de chances que la compétition soit forte et qu’il soit possible de négocier des retombés plus intéressants. Tous les pays le font alors pourquoi pas nous. Dans ce cas-ci, on passe de trois à deux joueurs alors que l’information que nous avons laisse croire que d’autres soumissionnaires pourraient se retirer de la course et que les règles ont été faites pour favoriser un appareil aux dépens des autres. Le gouvernement doit avoir comme priorité les intérêts du pays et celle de notre industrie aérospatiale afin que les emplois et l’expertise des travailleurs et travailleuses de L3-Harris à Mirabel soient préservés et que les importantes retombées économiques annoncées soient au rendez-vous », conclut David Chartrand.